Groupe Thérapeutique Mère-Bébé

Autour de la naissance d’un enfant des processus très complexes sont mobilisés tant au niveau de la transmission génétique qu’au niveau du monde psychique des deux parents.

Le développement de l’enfant dépend directement de l’intégration qu’il va pouvoir faire de l’environnement dans lequel il vit et notamment du propre modèle d’attachement de ses parents, qui lui est transmis précocement.

En effet, une grossesse ramène automatiquement à la femme l’image de sa mère, cette mère qui a mis au monde celle qui veut maintenant répéter ce geste. Cette répétition est influencée par tous les conflits non résolus avec l’image maternelle et jusque là refoulés ou déniés, pouvant entraîner jusqu’à l’émergence chez cette mère d’angoisses particulières d’envahissement interne ou d’éclatement.

Dans certains cas ce peut être l’image d’un père adoré ou haï qui ressurgit dans ce temps là, avec tout ce qui peut être revécu d’un oedipe mal résolu.

Mais ce peut être aussi une intensité accrue de tous les éprouvés voire les traumatismes liés à la migration ou à l’exil : séparations familiales, géographique, culturelle, traumas consécutifs aux situations de guerre, isolement par la langue.

Ce temps très sensible qui met à jour d’anciens conflits et réactualise l’enfance des parents commence dés le désir d’enfant et peut s’étendre au cours de ses premières années. C’est un moment de grande vulnérabilité pour certaines femmes que Monique Bydlowski nomme « la transparence psychique », mais c’est aussi l’occasion de se re-saisir d’un passé difficile, douloureux, mis de côté, et ainsi de trouver d’autres solutions que les projections pathogènes sur l’enfant. Cette levée du refoulement permet l’accès à ces conflits et un certain  travail de remémoration va pouvoir s’articuler  avec ce que les caractéristiques du bébé réveillent chez ses parents.

Les projections positives sur le bébé que provoque la naissance sont structurantes pour lui. Mais dans certaines situations ces effusions projectives sont empêchées du fait des identifications projectives négatives auxquelles elles renvoient les parents du bébé. Ce sont souvent des parents qui ont des représentations de parents défaillants, énigmatiques ou maltraitants, ou qui portent en eux un passé carencé au vécu chaotique, qui ont souffert de séparations précoces ou de traumatismes réels.

Aujourd’hui nous savons l’importance des toutes premières années pour la stabilité de la vie future de l’enfant qui vient à naître.

C’est donc à ces parents là que notre groupe thérapeutique s’adresse en se saisissant de ce temps de la périnatalité douloureux mais où des réaménagements structuraux sont possibles tant chez l’enfant que chez le parent.

INDICATIONS

Nous accueillerons de la femme enceinte à la mère avec son enfant âgé de deux ans, adressés par la PMI, les CMP, lorsqu’un trouble de l’interaction sera repéré.

Selon la dynamique de groupe les pères seront aussi présents à certains moments précis et choisis.

OBJECTIF ET DEROULEMENT

Ce groupe permettra à la fois l’accueil, le soutien, l’écoute des parents en souffrance avec la possibilité d’une remémoration de leur passé et dans le même temps l’accompagnement du bébé réel dans son activité, ses modes de régulation, ses manifestations, dans la compréhension de ses différents besoins. Il s’agira d’écouter, de contenir les angoisses parentales, de détoxiquer les éléments du passé et du présent qui envahissent le parent.

Ainsi, un espace relaxant pour le bébé peut se créer où les psychologues servent de filtre aux projections parentales, jouant un rôle pare excitant pour l’enfant. Ce dernier est ainsi soutenu dans son activité et observé très attentivement avec une volonté de traduire ce qu’il manifeste, d’y donner un sens.

Ce travail s’appuie sur les compétences parentales et sur ce qui survient dans l’interaction, le regard positif d’un tiers sur ces parents est structurant pour l’enfant dont la vie doit être construite avec eux et non contre eux.

Il s’agira de « chasser les fantômes de la nursery » comme le dit Selma Fraiberg, par un décollage des différentes projections parentales anxiogènes et par un travail d’élaboration de l’histoire familiale et de remémoration du passé.

Ainsi il sera possible qu’un soulagement des tensions et des défenses chez les parents, que de  nouveaux investissements du bébé et qu’un accès à des préoccupations parentales émergent. L’enfant considéré alors dans son altérité de sujet va aider ses parents à le percevoir dans sa différence et amènera une reprise évolutive.